INTERVIEW D’EXPAT :

Qui sont les expatriés de Turquie? Comment et pourquoi sont-ils arrivés ici? Que font-ils de leur temps libre? Car chacun a une histoire, un parcours, un lien particulier qui le lie à la Turquie,  la rubrique « Interview d’expat » fait partager le regard singulier d’un habitant de ce nouveau pays d’adoption.

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Cette fois, j’ai décidé de laisser la parole à Patricia.

Patricia, peux-tu te présenter?

Je m’appelle Patricia. Moitié bretonne, moitié alsacienne, c’est lorsque j’habitais et travaillais à Paris que je suis tombée folle amoureuse d’Istanbul à l’occasion d’un séminaire que j’organisais sur l’entrée de la Turquie dans l’Union européenne.
Fonctionnaire spécialisée sur les affaires européennes et présidente de l’association des Jeunes européens, j’étais sensible aux questions qui concernent l’identité et le projet européens. Très vite, je me suis intéressée à la Turquie qui me fascinait par la force et l’originalité qu’elle pouvait apporter aux pays de la « vieille » Europe. Je trouvais l’idée à la fois rationnelle et rebelle !
Mon premier voyage à Istanbul a été un grand choc, celui de l’Orient mêlé intrinsèquement au monde de l’Occident, celui de se sentir à la fois dans un pays étranger mais aussi un peu comme « à la maison ». La beauté de la ville et l’accueil chaleureux de ses habitants a fait le reste : j’ai déposé mes valises à Istanbul il y a quatre ans, dans le petit quartier de Cihangir où j’ai développé une activité d’agent immobilier et de gestion d’appartements de tourisme, sous le label de « My Flat Istanbul« .

  1. Si j’étais un quartier-lieu d’Istanbul?

Je serais Cihangir ! Je suis fan de ce petit quartier aux allures de village branché, juché sur ses collines entre la place Taksim et le Bosphore. Sa population cosmopolite, ses petits cafés et ses magnifiques vues sur le Bosphore au détour d’une ruelle lui donnent un charme fou. Je m’y suis installée complètement par hasard à mon arrivée et je ne le regrette pas ! On y trouve un petit vent de liberté, un « something in the air » qui n’est pas pour me déplaire…

  1. Si j’étais une ville en Turquie? 

Istanbul, Istanbul, Istanbul ! C’est une ville magnifique grâce à la beauté du Bosphore et ses monuments historiques qui témoignent de la puissance de cet ancien Empire, mais c’est surtout la réunion de contrastes qu’elle offre qui me fascine : à Istanbul, chaque jour est une découverte ou une aventure à part entière. Entre Orient et Occident, entre tradition et modernité, ou entre religion et laïcité, Istanbul est un vrai terrain d’apprentissage de la vie!

  1. Si j’étais un plat turc? 

Je vais choisir une catégorie de plats, les « mezze » car je ne saurais dire lequel je préfère parmi ces délicieuses petites entrées que l’on déguste et partage entre amis dans les « meyhane ». Entre aubergines au yaourt, algues marinées et autres pois chiches cuisinés, difficile de faire un choix… Allez, une préférence pour le « fava », ce mezze que j’aime présenter comme une « délicieuse purée de fèves ».

  1. Si j’étais un restaurant d’Istanbul?

J’ai mes habitudes à Kahve 6 à Cihangir, pour son cadre tout d’abord où j’aime me cacher au fond de leur petit jardin couvert, puis pour ses petits déjeuners à la turca accompagnés de merveilleux « poğaça » faits maison.

  1. Si j’étais un bruit de Turquie? 

Plus qu’un bruit, je serais l’une de ces chansons de pop turque comme celles que chante Sertab Erener, que l’on entend l’été depuis les fenêtres ouvertes des taxis et autres voitures qui passent. J’écoutais déjà ces chansons avant de m’installer à Istanbul, dont celle de Demet Akalın « Şimdi gidiyorum ! » qui signifie « Maintenant j’y vais! ». C’est donc un peu sentimental. J’associe cette chanson à l’environnement qui a accompagné ma décision de quitter Paris…

  1. Si j’étais un objet de Turquie?

Un vieux fauteuil au velours râpé, un de ceux que l’on trouve chez les antiquaires du quartier de Çukurcuma. J’aime leur solide structure en bois qui a résisté aux années qui passent et leur velours râpé, symbole du temps qui doucement abîme aussi. J’aime l’idée de les restaurer et leur redonner force et beauté ! A nous ensuite de nous y installer et de nous en inspirer!

  1. Si j’étais un mot turc? 

« Keyif » qui signifie « plaisir ». C’est en Turquie que j’ai découvert ce que signifie « prendre le temps de vivre »: déguster un café turc et lire l’avenir dans son marc, savourer un vrai petit déjeuner à la Turca même à deux heures de l’après midi, s’asseoir au bord du Bosphore et regarder les bateaux qui passent, jeter des miettes de simit aux mouettes… Le « keyif » c’est s’arrêter de courir et apprécier le plaisir du moment présent!

  1. Si j’étais un super pouvoir? 

Je serais celui d’apaiser les tensions qui traversent actuellement ce beau pays. La Turquie est située à un carrefour stratégique du monde, c’est ce qui la rend fascinante mais c’est aussi ce qui la fragilise.

  1. Si j’étais une différence entre la Turquie et la France? 

Je serais la patience dont les Turcs font preuve lorsqu’ils écoutent un étranger qui tente de s’exprimer dans leur langue. C’est grâce à leur patience et leur gentillesse que j’ai osé me lancer en turc et commencer à construire ma vie ici !

Retrouvez d’autres portraits de Français à Istanbul dans la rubrique Rencontre

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