La communauté turque de France selon notre blog invité: Gavroche père et fils

Publié le17 avril 2011

4


J’ai découvert le blog Gavroche père et fils par l’intermédiaire d’un commentaire laissé sur mon blog quand j’évoquais les vendeurs ambulants à Istanbul. A ma grande surprise, vous êtes de nombreux lecteurs résidents en France à montrer un grand intérêt à Istanbul mais également à la communauté turque en France. J’ai donc décidé d’inviter Gavroche, qui partage à travers son blog, des infos intéressantes sur Paris et les diverses communautés qui y vivent, à écrire un post pour Mademoiselle Istanbul.

Je souhaite que mon blog soit une plateforme de partage et d’échanges donc n’hésitez pas à me contacter si vous aussi souhaité offrir votre point de vue ou expertise.

Voici l’article (sans aucune retouche) de Gavroche.

 La communauté turque d’Europe et de France

Forts d’environ 4 millions d’individus, les turcs d’Europe forment la communauté non-européenne la plus importante du vieux continent. Présents dans l’ensemble des pays de l’Union ils se concentrent plus particulièrement dans une poignée d’entre eux : l’Allemagne (2,5 millions), la France (400.000), les Pays-Bas (300 000), l’Autriche (130 000) et la Belgique (130 000). Bien que relativement peu nombreux en Angleterre, Londres abrite elle aussi une petite communauté turque le long de Stoke Newington Road dans le quartier de Shacklewell.

En France, les turcs sont principalement présents en Alsace, en Lorraine, à Paris et à Lyon. La plupart sont arrivés pendant les trente glorieuses sans connaitre un mot français, ils étaient alors embauchés comme main d’œuvre peu qualifiée dans les industries, notamment dans les bassins industriels de l’Est du pays. Avec la crise et le début du chômage de masse, beaucoup ont migré vers Paris et Lyon et y ont créé leurs propres entreprises : ateliers de confection, petites sociétés dans le bâtiment ou l’artisanat, et petits commerces dont les fameux kebabs, implantés en France par les grecs qui les avaient précédés.

Loin d’être monolithique, la communauté turque se compose, tout comme son pays d’origine, de divers groupes ethniques et/ou religieux, parmi lesquels les arméniens de Turquie, qui furent les premiers avec les juifs séfarades de l’ancien Empire Ottoman à s’installer en France au début du XXème siècle. Les Assyro-Chaldéens, peu nombreux, mais très présents dans certaines villes de banlieue comme Sarcelles. Les kurdes et les autres turcs musulmans (lazes, alévis, stambouliotes…) qui sont arrivés plus récemment mais qui constituent la majorité de la communauté turque de France. Ces dernières décennies leur visibilité à Paris s’est considérablement renforcée dans certains quartiers (La Chapelle, Belleville…) et surtout dans le Xème arrondissement, où ils y ont formé une véritable « Petite Turquie ». Épicentre de la vie turque en Ile-de-France, le Faubourg Saint-Denis regroupe en effet mosquées, associations, librairies, épiceries, et commerces nécessaires à la communauté, le tout dans un quartier où se mêlent des populations venues de tous les continents (pakistanais, chinois, africains, bulgares, mauriciens…)

D’une manière générale les turcs de France sont assez méconnus par le reste de la population qui les qualifie souvent comme discrets et repliés sur eux-mêmes, il faut dire que contrairement aux maghrébins la barrière linguistique est un frein à une intégration rapide. De plus une partie de la diaspora turque d’Europe plus particulièrement de France, se sent à tord ou à raison stigmatisée sur les questions arménienne, chypriote et d’adhésion à l’Union Européenne.

Crédit photo: Gavroche père et fils

Publié dans : SOCIETE